L.AY

Montpellier (34)
Peintre

L.AY a l’habitude de dire qu’il est difficile de comprendre la naissance de son art ; ou encore, qu’il n’y a rien à comprendre.

En trente secondes elle est capable de commencer une peinture et de sentir les principales directions que va prendre son tableau, en vivant une passivité qui pourtant est aussi pure activité. Ce qu’elle sait donc, c’est qu’elle prête son corps – non seulement son corps, mais toute sa vie – à ces élans qui la traversent et qui lui font suivre une vraie action painting, très proche du travail de grands esprits comme Pollock, tout en expérimentant la solitude qui, comme disait Picasso, est indispensable pour engendrer quelque chose d’authentique.

Autodidacte, elle aime se présenter comme outsider ou comme une créatrice marginale dont les oeuvres sont dynamiques et gestuelles, avec des aspects qui font penser à un certain expressionnisme abstrait.

C’est depuis l’enfance qu’elle explore toutes formes de créativité, peinture, sculpture….Une passion-création qui l’amène à poursuivre des études de coloriste et designer textile (école SupDeco, Marseille) Elle est une artiste qui se nourrit d’une production intensive, pour engendrer un univers qui lui ressemble. Et pourtant, même s’il est vrai qu’il y a des choses difficiles à expliquer – tel l’amour en In the mood for love –, ces choses sont là, et leur présence s’impose à nous, en stimulant notre sensibilité. Nous nous apercevons néanmoins qu’elles ne s’imposent pas à nous, comme si elles venaient de l’extérieur, mais nous constituent de l’intérieur; nous sommes ces choses.

Ainsi, comme on peut voir en Reminiscence, beaucoup de tout ce que nous sommes – l’art en premier – surgit d’une zone qui est peut-être obscure, mais qui peut aussi devenir lumineuse si nous savons voir sa force créatrice. L.AY est quelqu’un qui a plongé dans les profondeurs de l’âme (Deep soul) ; et, en assumant dans un seul flux toutes les positivités et les contradictions qui s’y trouvent, elle se bat pour que son existence soit un collage harmonique, une symphonie dans le concert de la vie, Concentus dictum vitae, tout en ayant comme parallèle l’Insania dulcis, la folie douce. Ce collage vital est frappant dans la vie-oeuvre de L.AY, car le résultat qu’elle donne est quelque chose qui se tourne toujours vers le meilleur, l’affirmation, l’expansion… même quand reviennent les nuits obscures de l’âme. Ainsi, la vie-oeuvre de L.AY, plutôt qu’un repli sur soi, s’efforce d’être un Conciliabule, un dialogue, un partage. N’avons nous pas, alors, trouvé une façon de comprendre l’art de L.AY ?

Si nous parlons de sa peinture comme de sa vie (et pas uniquement comme d’une part de sa vie), nous pouvons dire que le surgissement de son art se trouve dans sa façon d’entrer dans le monde et d’y bâtir sa place. La vie de L.AY ne contient pas d’art, mais est art. Ses tableaux ne sont pas que des objets produits par sa vie personnelle, mais sont sa vie en multiples morceaux. Son coeur est partout. Et voilà un mot plein de signification longtemps le coeur a désigné le noyau de l’âme, le centre d’où jaillit l’être de la personne et sa façon absolument unique de concrétiser l’espèce humaine. Ainsi, le coeur peut désigner la singularité de chaque être humain,il est la personne même ou l’énergie vitale par laquelle elle incarne la multiplicité de forces qui l’habitent. C’est aussi dans ce sens que l’on peut nommer l’art de L.AY un « art du coeur », art qui naît des profondeurs de son histoi re, de tout ce qu’ i l y a d’insoupçonnable, d’indéfinissable et d’insaisissable, mais aussi d’irréductible, de sensible et de perceptible.

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